Les Mulliez, un modèle de « communisme familial »

ENQUÊTE« Successions » (3/6).

D’Auchan à Leroy Merlin en passant par Decathlon, cette famille très nombreuse possède des enseignes prospères. Parfois qualifiée de « secte », elle cultive l’art du secret depuis soixante-dix ans. « Le Monde » a pu accéder à ce gigantesque clan pour tenter d’en décrypter les méthodes.

C’est un immeuble de bureaux comme il en existe des centaines de milliers : constructions modernes, façades anonymes nichées dans les périphéries. Il se situe boulevard de Cambrai, à Roubaix (Nord), et abrite le siège de l’Association familiale Mulliez (AFM), l’une des familles les plus fortunées de France. L’une des plus secrètes, aussi. Des Mulliez on ne connaît ni les noms ni les visages. Voilà près de soixante-dix ans que, de génération en génération, ils travaillent à se rendre invisibles, se tiennent à l’abri des regards et de la curiosité, alimentant fantasmes et spéculations. Leur devise : « Le bruit ne fait pas de bien, le bien ne fait pas de bruit. »

Ils se cachent, mais leurs produits ont envahi notre quotidien et leurs enseignes dessinent nos paysages comme autant de bornes familières. Auchan, Leroy Merlin, Boulanger, Decathlon, Kiabi, Pimkie, Norauto, Flunch, une grande partie de ce que consomment les Français appartient à la dynastie Mulliez. Quelque 130 marques ou enseignes, un empire de 700 000 salariés dans le monde, un chiffre d’affaires cumulé de près de 100 milliards d’euros par an.

L’aventure Mulliez est à la fois une réussite spectaculaire et une succession menée de main de maître. Les descendants du fabricant de laine Louis Mulliez (1877-1952), catholique fervent, sont aujourd’hui 1 400, dont 800 émargent à l’AFM. Dans certaines branches, cinq générations se sont déjà succédé. Les Mulliez sont parvenus à faire mentir la malédiction qui menace le capitalisme familial : « la première génération crée, la deuxième gère, la troisième tue ». La clé de leur succès tient en un modèle unique au monde, qui leur permet de préserver leurs intérêts patrimoniaux autant que leurs liens familiaux. Un système parfaitement huilé dont ils ont, pour la première fois, accepté de parler.

source Le Monde (la suite est réservée aux abonnés)

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