un corps donné à la science n’est pas une marchandise

Dans la tourmente depuis la révélation des conditions indécentes dans lesquelles certains corps donnés à la science étaient conservés, l’université Paris-Descartes est à nouveau épinglée pour avoir vendu certaines dépouilles à des industriels.

Déjà mis en cause dans un article de l’hebdomadaire l’Express au mois de novembre 2019, l’université de médecine Paris-Descartes voit une nouvelle fois les pratiques de son Centre du Don des Corps être exposées au grand jour.

Dans une enquête publiée mardi sur la base d’un rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS), France Info révèle que l’établissement universitaire a revendu environ un tiers des dépouilles à des entreprises privées et à l’armée, à des fins d’expérimentations.

Les travaux de la mission d’inspection, mise en place à la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, affirment ainsi que la faculté a mis « à disposition de corps pour des crash-tests dans le secteur automobile ».

Pour la seule année 2019, le rapport souligne que « 37 % des revenus du Centre des corps provenait de sociétés dont l’objet principal était industriel ». Une pratique permise par la signature d’une convention, « légale et unique en Europe » selon France Info, entre l’Université Paris-Descartes et le CEESAR (Centre Européen d’Études de Sécurité et d’Analyse des Risques), un organisme chargé des études en biomécanique, mandaté par les constructeurs.

L’objet de cette convention prévoit la mise à disposition des corps aux tarifs de « 900 € pour un sujet, 400 pour une pièce anatomique ».

Un arrangement jugé scandaleux par les familles des personnes ayant choisi de faire don de leur corps à la médecine, une telle utilisation des dépouilles de leurs proches n’ayant jamais été mentionnée. Des travaux de recherches et des essais auxquelles les familles des défunts ne sont pas opposées, sur le principe, mais dont elles auraient aimé être informées.

Montrés du doigt, les industriels se défendent en indiquant que de telles expérimentations, de type « crash test », avec des cadavres sont nécessaires afin de tester les dispositifs de sécurité au sein des véhicules.

L’armée a elle aussi bénéficié de ces corps pour tester, par exemple, la protection des occupants d’un véhicule blindé lorsque celui-ci saute sur une mine.

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