Le témoignage d’un rescapé du bombardement allemand de Guernica dont Pablo Picasso a peint les horreurs en 1937

Je m’appelle Francisco Garcia San Román et je suis un enfant rescapé du bombardement de Guernica [le 26 avril 1937, les aviateurs de la légion Condor, envoyés par Hitler afin de soutenir le général Franco, détruisent la ville basque]. A cette époque, j’avais sept ans et demi, presque huit ans. On était des enfants qui passaient leur temps à jouer au football, se baigner… des trucs de gosses, quoi. On était des gamins qui ne connaissaient rien. On ne savait même pas ce qu’était un avion… » raconte-t-il au magazine « 13h15 le dimanche » (replay).

« Ce jour-là, ma sœur Louisa, mes frères Ramon, Luis et moi, sommes sortis de la maison pour aller jouer devant l’école, et on a commencé à entendre les sirènes, se souvient Francisco. On s’est demandé ce qui se passait. Tout le monde a commencé à courir. Ma mère paniquée est venue nous chercher et on s’est tous mis à courir vers l’usine d’armement. Mon père nous a dit que si quelque chose arrivait, il fallait aller là-bas parce que personne n’irait détruire une usine d’armes. On était très nombreux. Je crois qu’on était plus de trois cents. »

« Et après, ils ont lâché les bombes incendiaires »

« On nous a donné un bâton dans un mouchoir et on nous a dit qu’il fallait le serrer avec les dents, quand les bombes tomberont, pour protéger nos tympans contre les déflagrations, se souvient le nonagénaire. Les premières vagues d’avions sont arrivées. Trois, puis trois et encore trois… Elles ont lâché des bombes de plus de cinquante kilos. Avec notre bâton dans la bouche, on disait : ‘Quand est-ce que ça s’arrête ?’ Quatre heures de bombardements. Et après, ils ont lâché les bombes incendiaires. C’est ce qui a tué le plus de personnes. »

« Nous sommes sortis, et là… Guernica… Et le ciel, tout était rouge, rouge… tout était en feu. Ils avaient tout rasé. Et mon grand frère a dit à ma mère : ‘Maman, regarde… Il y a des gens qui dorment dans la rue.’ Et ma mère lui a dit : ‘Oui, mon fils, ils dorment dans la rue.’ En fait, ils étaient tous morts », témoigne aujourd’hui Francisco Garcia San Román. En mai et juin 1937, Pablo Picasso réalise une huile sur toile de style cubiste pour le pavillon espagnol de l’Exposition universelle de Paris de cette année-là. Le tableau Guernica, sa première œuvre engagée, politique, devient un symbole de la lutte contre la dictature franquiste. Il est aujourd’hui exposé au musée Reina Sofia à Madrid.

source Franceinfo

2 réflexions au sujet de « Le témoignage d’un rescapé du bombardement allemand de Guernica dont Pablo Picasso a peint les horreurs en 1937 »

  1. Bonjour Christine,
    On me souffle à côté de moi un passage de la bible (Jérémy 31: 29):  » les pères ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées. »
    Belle journée
    Gérard

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