L’Espagne au cœur de la géopolitique migratoire en Méditerranée

Le nombre d’arrivées de migrants sur la péninsule ibérique a triplé entre 2016 et 2020 sur fond de raidissement marocain sur le Sahara occidental.

La tension hispano-marocaine autour de Ceuta n’est pas fortuite. Elle est le révélateur d’une nouvelle géopolitique migratoire en Méditerranée où l’on voit les zones de friction se déplacer de l’est vers l’ouest. En somme, le trio Maroc-Algérie-Tunisie prend désormais le pas sur la Libye et la Turquie, les deux tremplins privilégiés dans la grande crise de 2015-2016 comme couloirs de passage vers l’Europe. Et, dans cette reconfiguration, l’Espagne, le seul pays européen à avoir une frontière terrestre avec l’Afrique grâce à ses enclaves de Ceuta et Melilla, est aux premières loges.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Tout ça pour ça » : le dépit des migrants arrivés à la nage ou à pied à Ceuta et refoulés vers le Maroc

En 2016, la péninsule ibérique ne représentait (avec 13 246 migrants et réfugiés débarqués sur son sol) que 3,4 % du total des arrivées sur le Vieux Continent, très loin derrière la Grèce (45,6 %) et l’Italie (46,7 %), selon les chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Quatre ans plus tard, la hiérarchie s’est inversée. Avec un chiffre en valeur absolue qui a triplé (à 41 861 arrivées), l’Espagne est devenue en 2020 le principal pays de débarquement en Europe, absorbant 42 % du flux, devant l’Italie (34,3 %) et la Grèce (14,8 %). Le tarissement du courant migratoire sur ces deux derniers pays est dû à une assistance européenne aux Etats de transit – accord conclu en mars 2016 entre Bruxelles et Ankara, financements des gardes-côtes libyens, aides au Niger – dont les effets ont fini par se faire sentir.

Populations riveraines

Mais, alors que la crise s’apaisait sur ces routes de la Méditerranée orientale et centrale, les clignotants sont passés au rouge dans la zone occidentale. L’aspect inquiétant pour l’Europe est qu’il ne s’agit pas – pour l’essentiel – d’un redéploiement géographique du flux précédent qui contournerait ainsi les obstacles placés en Libye et en Turquie. La dynamique migratoire est différente car elle implique, cette fois, les populations riveraines et non plus seulement des migrants extérieurs – subsahariens, syriens ou afghans – en transit.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  L’entrée massive de migrants à Ceuta aggrave la crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc

source Le Monde

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