Jean-Marie Gustave Le Clézio : « Les pays riches et pollueurs auront-ils une pensée pour le peuple de Tulé fuyant le déluge, lors de la COP26 ? »

Tribune

Du 1er au 12 novembre, lors la 26conférence mondiale sur le climat (COP26), à Glasgow, en Ecosse, on parlera du réchauffement climatique. On parlera de la menace de la montée des eaux dans les océans, et de la conséquence dramatique que cela causera aux populations pélagiques à travers le monde. On en parlera avec conviction, avec élan, on dira l’urgence des mesures à prendre pour réduire les gaz à effet de serre, pour freiner cette hausse des températures qui semble inévitable. On en parlera pour l’avenir. Pour la décennie à venir, peut-être pour la fin de ce siècle.

Il existe un peuple pour qui cette catastrophe a déjà commencé. Les Indiens Kunas de l’archipel des San Blas, sur la côte atlantique du Panama. A l’heure que où parlons, les Kunas sont contraints de fuir leurs îles où ils sont établis depuis toujours, à cause de l’envahissement par la mer. Ce n’est pas un cyclone, ni même une tempête tropicale comme les riverains de la côte de Louisiane ou de Floride l’ont vécu, c’est une montée lente, progressive, une crue tranquille et d’autant plus effrayante, jour après jour la mer entre dans les villages, envahit les rues, noie les cours et l’intérieur des maisons. Les habitants doivent partir, échapper à la mer. Il faut monter dans les pirogues, embarquer tout ce qu’on peut, les vivres, les biens personnels, les animaux d’élevage, les chiens, et partir.

source Le Monde

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