« Les lanceurs d’alerte sur la condition animale agissent dans l’intérêt du public »

Un collectif d’universitaires, parmi lesquels Emilie Dardenne, Romain Espinosa et Thomas Perroud, dénonce une disposition de la loi « sécurité globale » visant à punir de trois ans de prison et 45 000 euros d’amende les lanceurs d’alerte dans les élevages et les abattoirs.

Tribune. 

Les lanceurs d’alerte sont devenus des acteurs clés du bon fonctionnement de nos démocraties. Les informations qu’ils dévoilent ont contribué à informer les gouvernements et l’opinion publique sur les pratiques de groupes d’intérêts privés, en violation manifeste de l’intérêt général.

En matière de bien-être animal, des associations spécialisées ont mis au jour les dérives de l’élevage intensif. Plus un mois ne passe sans que de nouvelles vidéos témoignent des violations de la réglementation dans les « fermes-usines » ou dans les abattoirs.

Qu’il s’agisse de problèmes sanitaires (non-respect des règles sanitaires, zoonoses, antibiotiques périmés, cadavres en putréfaction, etc.), environnementaux (déversements toxiques dans les rivières, pollution des sols, etc.) ou de bien-être animal (souffrances liées à la sélection génétique, épisodes de cannibalisme résultant des fortes densités, absence d’étourdissement lors de l’abattage, infrastructures non conformes, etc.), ces alertes ont révélé certaines pratiques inacceptables de l’agro-industrie. Elles ont conduit les autorités administratives à prononcer des fermetures provisoires ou définitives dans de nombreux cas (élevage de canardsélevage de poules pondeuses).

Inconstitutionnelles

Les lanceurs d’alerte sur la condition animale agissent dans l’intérêt du public et visent à rendre ces pratiques transparentes, dévoilant les abus dont sont victimes les animaux et les dysfonctionnements de certaines exploitations au regard des normes sanitaires et environnementales. Ces associations agissent de manière proportionnée, sans vandalisme, en veillant à flouter les visages des salariés.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Face aux enjeux moraux et juridiques découlant des exportations d’animaux vivants, nous soutenons un élevage de proximité respectueux »

Cependant, les lobbys agro-industriels mènent depuis plusieurs années une campagne d’influence ambitionnant de faire taire les lanceurs d’alerte en criminalisant leurs actions. Des lois inspirées des « ag-gag laws » américaines [littéralement « lois bâillons »] permettent à des groupes d’intérêt privés de réduire au silence toute critique de leurs pratiques.

source Le Monde

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