des balles et moi

réédition

Comme tous les enfants, je me suis intéressé dès mon plus jeune âge au jeu et aux objets sphériques appelés billes, agates, ballons, balles etc.

Un peu plus tard, j’ai pris du plaisir à jouer au ping-pong, ce qui consistait à taper dans une petite balle blanche en celluloïd de 38 mm de diamètre avec une raquette le but étant de la faire passer de l’autre côté d’un filet qui partage en deux la table rectangulaire faisant office de terrain de jeu.

Puis j’ai eu du poil au menton et, en 1964, on m’a appelé sous les drapeaux à Lyon puis dans le Hoggar près de Tamanrasset, le pays des hommes bleus, mais aussi celui des expériences nucléaires souterraines. La guerre d’Algérie venait de se terminer. J’avais demandé à aller en Allemagne pour parfaire mon Allemand mais il est probable que l’Allemagne affichait complet.

Pendant les classes, mes supérieurs qui, tout bien pesé, n’avaient de supérieur que leur grade dans la hiérarchie militaire lyonnaise – qui a Lyon comme ailleurs est plutôt pyramidale – on absolument tenu à m’apprendre à jouer avec d’autres types de balles ; des balles de fusil, de pistolet, de PM (pistolet mitrailleur) etc.

Le jeu, non pas proposé mais promptement imposé par mes éminents formateurs, consistait à tirer sur des cibles en carton. Mais j’ai très vite compris, intelligence dépourvue de toute modestie oblige, que ces cibles étaient trop souvent remplacées par des êtres humains comme moi et que ces mêmes êtres humains seraient eux aussi équipés de fusils à charge pour eux de me tirer dessus ….

Un jeu consistant à trouer la peau de ses semblables n’était pas de nature à faire naître chez moi une adhésion pleine et entière spontanée et un engouement totalement immodéré pour les armes à feu propulsant des balles présentant un danger pour autrui.

Fort heureusement, seize mois plus tard, j’avais été libéré ce qui me permit de retrouver mes pénates parisiennes et mes bonnes vieilles balles blanches en celluloïd. Nous ne nous sommes plus jamais quittés depuis.

2 réflexions au sujet de « des balles et moi »

  1. J’ai aussi tennis de tablé. Contrairement à toi j’ai pu aller en Allemagne. J’ai même reçu deux affectations, l’un chez les artilleurs de Reutlingen, l’autre chez les dragons de Tübingen. Les dragons étant des bestioles inquiétantes, j’ai opté pour l’artillerie, ce qui a réjoui mon grand-père dont la guerre de 14 avait ruiné les oreilles d’artilleur. Chez les Vignon, nous sommes artilleurs de grand-père en petit-fils.
    Merci pour ces balles, bien dessinées avec un humour délicat.
    Tiens, j’ai joué avec la 12,7 aussi… 10 ans après toi !
    Bonne soirée Gérard

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