« Le désintérêt pour la lecture n’est pas une fatalité »

Loin de se résigner devant des jeunes qui, captés par les réseaux sociaux, se détournent de plus en plus des livres, Pierre Lungheretti, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, appelle, dans une tribune au « Monde », au combat à conduire contre l’envahissement de nos vies par la captation de notre attention par ces flux incessants qui nous détournent de l’essentiel, de la réflexion, de la connaissance et de la pensée.

Tribune. 

Sur la lecture, il faut que nous cessions de nous voiler la face. La place déclinante de la lecture et des livres dans nos vies est l’une des questions les plus aiguës de notre époque. La ruée d’une partie des Français – d’une partie seulement – vers les librairies après le confinement et la résistance du secteur du livre en 2020 n’est qu’un trompe-l’œil puisque les Français ont moins lu en 2020, avec une baisse de 7 points par rapport à 2019.

En réalité, nous le savons, depuis plusieurs décennies, la place de la lecture ne cesse de reculer. L’étude du ministère de la culture sur les pratiques culturelles des Français de juillet 2020 et celle du Centre national du livre publiée le 29 mars 2021 montrent un déclin préoccupant.

Nous avons en mémoire le texte de Proust sur la lecture, où le jeune Marcel est perturbé par la vie autour de lui qui le détourne de la lecture mais qui ne la rend que plus désirable. Montaigne aime à se retirer dans sa bibliothèque pour « s’arrester et se rasseoir en soy ». Ces moments de lecture suscitent le trouble et ouvrent des abîmes féconds d’interrogations et de réflexions. Pour Voltaire, « la lecture agrandit l’âme ».

Pour Valery Larbaud, ce « vice impuni » nous transmet « un espoir, assez confus, de devenir, à force de lire, plus sages et plus heureux ». Mona Ozouf évoque « le livre pour patrie », où, jeune Bretonne du pays briochin, elle se réfugie dans la lecture afin d’échapper à l’ennui d’une enfance austère. Les livres lui apprendront la pensée, la nuance, l’imaginaire, la richesse de la langue, l’expérience de l’autre…

source Le Monde

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